A la belle au téléphone à onze heures du soir

J’ai traversé la rame parce que j’avais vu tes cheveux dépasser au-dessus des autres comme un nuage noir. J’ai voulu voir le visage qu’ils abritaient et j’ai découvert des yeux profonds, rieurs, cerclés de noir. Tu téléphonais, debout dos à moi. Tu m’as regardé, et puis tu as vu que je te regardais. Je ne voulais pas me faire insistant, et ma station arrivait. Je suis descendu à Chateau d’eau. Sur le quai, en me retournant, j’ai vu une dernière fois la lumière blanche de tes yeux sombres qui me regardaient. Et ton sourire, qui peut-être n’était pas pour moi. Adieu belle inconnue, je garde quelque chose de cette lumière imprimé au fond de moi, sans trop savoir pourquoi.

Une annonce publiée par un homme pour une femme le mardi 2 février pour une rencontre faite le 2 février 2010 sur le Métro 4 à Château Rouge.